Communauté de
Communes du Kochersberg

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Salon des artistes

Du 23 mai au 11 juillet 

Du 23 mai au 11 juillet 2010, les dimanches après-midi, la Maison du Kochersberg ouvrira ses portes aux artistes pour une Kochersb’Art Usstellung, autrement dit un salon des artistes.

Vous pourrez admirer leurs travaux mais également discuter avec les artistes de leur passion, découvrir leur savoir-faire et vous laisser surprendre par leur talent !

Placée sous le signe de l’échange et la découverte de savoir-faire parfois ancestraux, cette Kochersb’Art Usstellung propose, par tranche de 2 week-ends, de découvrir les artistes suivants :


23, 24 et 30 mai

Maurice Graffenberg

« Parce que de la dépouille nait l’art ».........

Par l’instinct la main guide.

Je puise dans des montagnes de morceaux de métal, je récupère, cherchant la combinaison

qui donnera naissance au projet……

Sans esquisse ni approche, c’est le métal qui dicte la forme ;

Elle préexiste dans les éléments que j’assemble et je tente de la révéler à force d’ajout et de retrait…

L’effet du hasard évolue jusqu’à sa forme finale

"Les amoureux" de Maurice Graffenberg


Il s’agit de comprendre comment un animal vivant en meute a pu être à la source de telles peurs et de telles rumeurs parfois proches de la paranoïa lors des épisodes de males Bestes notamment durant le point culminant de cette angoisse représenté par la Bête du Gévaudan entre 1764 et 1767.

Mais le loup a également un rôle important dans notre société, une fonction positive, par sa chasse, cet animal a suscité des réflexes de survie et de solidarité intravillageoise, des techniques de chasse ayant permis de cimenter les villages et de souder en conséquence les communautés villageoises.

Marionnette du Petit Chaperon Rouge (coll. Mme Debs) et du Grand Méchant Loup (coll. Carole Lamouri)

Le loup est ainsi entré dans la forêt de nos représentations, dessinant une culture du loup autour de représentations et d’images forgées au fil des générations et enrichies par le cours de l’histoire.

Le loup s’inscrit dans le champ d’une mémoire vécue, il cristallise des identités particulières et une psychologie affective dans le cadre d’une éco-histoire. Etudier le loup dans les mentalités d’autrefois c’est également dévoiler les relations de l’homme moderne au sauvage et à son environnement. L’animal devient ainsi un miroir de nos propres représentations et un reflet de nous-mêmes face à l’altérité, face au sauvage.

L'exposition est axée sur trois thèmes :


Le loup dans son milieu


Tout d’abord le visiteur fera connaissance (rez-de-chaussée) avec le loup dans son milieu, il y comprendra son comportement, sa vie en meute loin des clichés et des stéréotypes. Il pourra découvrir le langage des loups dont voici deux exemples :


Le langage codé des loups :

 

Quand deux loups de même statut se rencontrent, ils s’observent d’abord à une certaine distance ; ils montrent leur supériorité en dressant et en remuant leur queue, la tête haute, les oreillles droites et pointées vers l’avant.


La gorge offerte :

 

La lutte entre deux loups se termine lorsque le vaincu, couché sur le dos ou sur le flanc, offre sa gorge sans défense au vainqueur, en signe de soumission totale. Ce dernier le flaire et s’approche, les babines retroussées, puis lève la queue et urine pour marquer son territoire, près de l’ennemi humilié.



Meute de loups en plein hiver. Photo prise par Thomas Pfeiffer au parc du Gévaudan.

La vie en meute :

On apprendra également que, contrairement à une idée fort répandue, le loup n’est pas un être solitaire mais un animal sociable vivant en groupes hiérarchisés.



Le loup dans la légende et dans l'histoire

Dans un second temps au premier étage, le visiteur découvrira le loup dans la légende et dans l’histoire, son classement en animal nuisible, sa chasse jusqu’à son extinction, sa diabolisation, la création d’un corps de chasse spécialisé pour le détruire : les lieutenants de louveterie.


Lanterne à loups pour éloigner les prédateurs des cours de ferme, collection Thomas Pfeiffer.

Lanterne à loups :

La lanterne en tôle perforée était autrefois utilisée pour éloigner les loups, les formes de la lumière à travers la tôle étaient sensées effrayer les loups la nuit et rassurer du même coup les hommes.


Pique à loup servant à chasser le loup, collection Thomas Pfeiffer.

Pique à loup :

La pique était utilisée par les fermiers pour se défendre des attaques des loups sur le bétail, celle-ci venant du Massif-Central a encore été utilisée à la fin du XIXème siècle.


Collier du XVIIIème siècle antiloups, collection Thomas Pfeiffer.

Collier anti-loup en fer aux pointes acérées :

Ce collier que l’on mettait au cou des chiens est un des nombreux colliers des chiens de troupeau, le loup venait s’empaler sur les pointes en fer en voulant mordre le chien au cou, ce collier appartenait à un chien appelé Wolf, tout un symbole et date probablement du XIXème siècle. Il existe encore aujourd’hui des colliers de ce type en Turquie et dans les Balkans.


Troïka attaquée par des loups, collection Thomas Pfeiffer.

Tableau représentant une troïka attaquée par des loups :

Cette scène de chasse est une représentation classique au XIXème d’attaques de loups en Russie, sur les chevaux en particulier. Le loup n’attaque pas l’homme sauf s’il est enragé mais le thème du grand méchant loup est un classique commercial surtout pour les tirages de la presse à sensation qui en fait son gagne-pain.


Médaille de la première guerre mondiale des loups de Bois-le-Prêtre, collection Thomas Pfeiffer.

Médaille de Bois-le-Prêtre, 1ère guerre mondiale :

Les soldats français durant la première guerre mondiale se sont battus comme des loups aux dires des allemands ce qui a valu le surnom des loups de Bois-le-Prêtre en Lorraine constitutif d’un régiment et cette médaille commémorative pour ces valeureux soldats, « poilus » comme les loups…


Boutons de vénerie et insigne de piqueur de louveterie, collection Thomas Pfeiffer.

Bouton de vénerie et de lieutenant de louveterie :

La chasse au loup a donné naissance à un corps de chasse spécialisé : les lieutenants de louveterie, créé par Charlemagne en 813, ce corps de chasse avait pour but d’entraîner les comtes vassaux à la guerre et de débarrasser les loups du pays, en échange, ils percevaient une prime pour service rendu à la collectivité et ils pouvaient vendre en plus la peau, ce qui offrait un revenu non négligeable. Ce corps existe toujours aujourd’hui, sa fonction est d’éliminer les animaux dits nuisibles et de procéder ainsi à des battues, le loup est désormais protégé par la convention de Berne de 1989 que la France a ratifiée.


Haut de tonneau appartenant à un viticulteur appelé Wolf, région de Colmar, collection T. Pfeiffer.

Haut de tonneau :

Cet objet artisanal a été réalisé pour un viticulteur alsacien de la région de Colmar qui s’appelait probablement Wolf. Il existe au Musée Alsacien de Haguenau le même type de représentation mais avec un déversoir à grain constitué de part et d’autre par deux gueules de loup.



Le loup, élément culturel et du patrimoine

Enfin, au second étage, le visiteur entrera en contact avec la culture du loup et les nouvelles images liées au loup aujourd’hui, loup positif dans la littérature enfantine et argument commercial dans la publicité, loup de Tex Avery et « Brûleurs de loups »…

Casse-noix représentant un loup, collection Thomas Pfeiffer.

Casse-noix russe en forme de loup : Cet exemplaire a été retrouvé dans un bazar de Nicosie par hasard à Chypre, il est en cuivre, il représente une légende russe d’Ivan


Boite bonbons loup, collection Thomas Pfeiffer

Boîte à bonbons loup :

La marque des bonbons loup est connue de tous mais peu de gens savent que l’usine était présente à Strasbourg Neudorf et qu’il s’y trouve une rue Wolf du nom du chef d’entreprise.


Objets publicitaires "outils Wolf", collection Carole Lamouri.

Affiche pour les outils Wolf + objets publicitaires :

Cette affiche très ancienne montre un loup anthropomorphisé travaillant la terre et fumant la pipe comme un homme avec un outil Wolf. La connivence entre l’homme et le loup est ici très intéressante comme l’adage de Plaute le rappelle « L’homme est un loup pour l’homme »


Toponyme Wolfskirche en Alsace secteur  Dambach, collection Thomas Pfeiffer.

Plaque du club Vosgien Wolfskirche :

De nombreux toponymes parlent du loup en Alsace et ailleurs dont ce lieu-dit église du loup de la région de Dambach, il y en a de nombreux autres comme Wolfkirche en Alsace-Bossue, Wolfisheim, Wolxheim, Wolfgantzen près de Colmar sans parler des armoiries de villages alsaciens présentant un loup comme Zehnacker ou des hameçons à loups, pièges accrochés aux arbres sur lesquels les loups venaient s’empaler présents sur les blasons d’Altorf, Wolfisheim, Bellefosse…


Porte-photographie, loup en bois, collection Thomas Pfeiffer.

Jouets de loups en bois :

Ce porte-photo en bois date du début du XXème siècle, il représente un loup hurlant, il est de fabrication artisanale tout comme le loup hurlant à la lune qui est en fait une boîte à secret.


Petite ardoise, collection Thomas Pfeiffer

Ardoise avec sa chiffonnette représentant le thème du Chaperon Rouge :

Le thème du petit Chaperon rouge est très riche et largement repris dans l’univers enfantin dans les jouets, à l’école, encore aujourd’hui alors que le loup a disparu d’Alsace depuis 1908 (dernier loup tué à Hirtzbach dans le Sundgau), on joue toujours au loup dans les cours d’école. Loup quand tu nous tiens !!!


Jeu de cartes, collection Léa Kirmann

Jeu du loup-garou : les loups de Thiercelieux :

Ce jeu très populaire parmi mes élèves du collège de Truchtersheim est un jeu de carte où chaque joueur incarne un personnage, chasseur, berger, loup-garou.


Book of Kells, loup à la Bibliothèque Trinity College de Dublin, collection Thomas Pfeiffer.

Représentation d’un loup issu du Book of Kells :

Cette représentation d’un loup bleu par les moines irlandais au Moyen Âge illustre la richesse iconographique de ce thème à travers les cultures à l’échelle de l’Europe médiévale, le document est visible au Trinity College de Dublin où j’ai pu me rendre.


Une du journal républicain socialiste : Le Brûleur de loups, Grenoble, 1893, coll. T. Pfeiffer

Une du journal républicain socialiste de 1893, Le Brûleur de loups, à Grenoble :

Le loup a donné lieu en Dauphiné à une culture des Brûleurs de loups où les Dauphinois utilisaient le feu en enflammant des branches de sapins jetées sur les loups, ce qui valut le surnom des dauphinois et des Grenoblois aujourd’hui ( club de hockey sur glace). A l’époque, il s’agissait de brûler les ennemis républicains…



Textes de Thomas Pfeiffer

L'exposition "Traces de loup" est organisée par Thomas Pfeiffer, enseignant doctorant à l'université de Strasbourg et au collège de Truchtersheim.

Tous droits réservés pour l'ensemble des photographies et des textes.


En savoir plus ...

Thomas Pfeiffer a consacré une étude et un livre « Sur les traces des Brûleurs de loups » paru aux éditions l’Harmattan à Paris en 2009.

Le livre retrace un travail de recherche universitaire de plus de deux années.

Mené comme une enquête historique de terrain, la méthode rétrospective analyse la chasse du dernier loup sauvage tué dans les Alpes en janvier 1954 à Vignieu (Nord-Isère) et remonte le fil du temps pour comprendre l’origine de cette tradition des Brûleurs de loups. Les "Brûleurs de loups", épithète née au XVIIe siècle, étaient les gens du Dauphiné traquant les loups le long des ravins à l'aide de filets. Les loups étaient ainsi précipités et enflammés par des branches de sapins. Cet usage, né à l'époque moderne, a fini par qualifier l'ensemble des gens du Dauphiné. Il fut vite abandonné car il décimait le capital forestier. 1954-1754 : deux siècles d’histoire sont ici balayés pour tenter de percer le mystère de cette locution aujourd’hui encore vivace à Grenoble avec les fiers hockeyeurs « Brûleurs de loups » champions de France en 2009.

Le livre est disponible en librairie ou chez l'auteur : Thomas Pfeiffer 6 rue des Prés 67370 PFETTISHEIM. Tél. : 0642383512. Mail : petitlouppfeiffer@yahoo.fr



Exposition visible du 9 août au 18 octobre 2009 à la Maison du Kochersberg - 4, Place du Marché 67370 TRUCHTERSHEIM. Tél. : 03 88 69 85 84.

Heures d’ouverture : tous les dimanches de 14 h 30 à 18 h 00. Entrée gratuite. Corbeille. Visites guidées en semaine sur rendez-vous. Participation aux frais : 2 € par adulte.

 

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